Il était une fois, Raül. Raül il était heureux, il travaillait chez Harry. Raül il se la pétait avec avec ses joyeux lurons de chez Harry. Raül venait d'avoir sa promotion: il devenait compteur de bines. Chez Harry-co en folie. Il comptait les bines dans les petits pots de bines. 200 par pots, pas une de plus, pas une de moins. Et Raül il se la pétait féroce quand il en avait une de trop. Il donnait une coudée complice à son voisin du jour et d'un talentueux jet de doigt, il te pitchenotait d'un visou à couper le souffle juste en arrière du pavillon de l'oreille du bon vieux luron joyeusement distrait. Pauvre luron, il se retrouvait avec un derrière d'oreille bien bleu, mais signe d'un travail méticuleux de notre Raül le compteur de bines. Il était heureux Raül; avant, il était torcheux de plancher. Tous des salauds, sa moppe n'en finissait plus de ramasser les multiples minuties.
Ses lurons il les aimaient, faisait la tournée des karaokés, des tours d'auto tamponneuses et faisait des concours de pets, les bines étant achetées à grands coups de rabais. Raül il pétait le feu de joie.
Raül ne demandait pas plus, mais la Vie lui donna plus. La Vie lui donna Rita. La belle Rita, qu'est-ce qu'elle était drôle. En plus de tout, elle avait des chansons dans la voix; elle était gaspésienne. Rita et Raül, ils s'aimaient comme c'est pas permis. Elle lui demanda de la suivre, il lui demanda sa main. Rita et Raül firent leur petit nid tout en haut d'une colline qui dominait le fleuve. Le bonheur leur traversait les narines aussi souvent que l'air.
Un beau matin notre Raül alla explorer ses arpents. Il grimpa au premier arbre venu pour bien voir à l'horizon. Malheureux Raül! La branche se cassa et Raül avec. Pôôôôôôôôôvre Raül. À la clinique du village on l'assoma avec le terrible diagnostique: coccyx fêlé. Solution: plâtrer son précieux cul. Misère de misère!!! Assis c'est pas mal, mais marcher plié en deux, il se pétait le tête contre les murs à proprement dit notre Raül! Plus moyen d'aller explorer ses arpents. Descendre la coline en roulant c'est pas si mal, mais dans le cululu la remontée!
La nouvelle se répendit comme une poignée de bines renversées chez Harry: Raül s'était cassé le cul. Les lurons joyeux s'empressèrent de lui envoyer quelques petits pots de bines pour le consoler un peu, lui rappeler le bon vieux temps et qu'ils ne l'avaient pas oublié. Raül fut très ému et se blotti contre sa Rita.
Les jours passèrent et Raül il avait épuisé le stock de ses casses-tête, de corneilles dans le coin à tirer à coup de sling shot artisanal et de la vidéothèque du dépanneur du coin où Rita gentiment lui faisait ses courses. Raül s'ennuyait. Et pire que de s'ennuyer, il s'ennuyait de ses joyeux lurons. Sans besoin de spécifier qu' il s'ennuyait du temps où il avait un cul.
Rita lui faisait de petits plats, jouait au baggamon, lui faisait de petits spectacles privés d'ombres chinoises. Mais Rita travaillait. Eh oui. Elle était équeuteuse de morue. Les morues elles sont bien gentilles, mais leurs queues elles ont un goût de chiotte. C'est pas leur faute. Rita? Oui,Rita, elle était une piètre adversaire au concours de pets, Raül était nostalgique. Il lui manquait un petit je-ne-sais-quoi.
Raül se disait qu'il ne pouvait plus comme avant se rendre au boulot et s'éclater un poumon à bien rigoler. Il ne pouvait plus faire la tournée des karaokés, du moins jusqu'à ce que ce satané cul soit sur pied! Enfin...réparé. Mais Raül en avait assez de pitchenotter ses amis derriere les oreilles pour qu'ils se retournent avec de faux sourcils froncés qui déguisent leur fou rire. Pénurie de bines sur le plancher. C'est le moppeux de service qui serait content! Parfois Raül se sentait perdre espoir comme les jours où il laissait 201 bines dans le pot plutot que de récolter un sourire forcé et en être déçu. Comme les jours où il comprenait lassement ses lurons pas vraiment joyeux à cause d'une gueule de bois ou d'un pneu crevé. Il se sentait comme ces journées où il n'avait plus la force de les excuser. Ce qui importait plus que de s'être casser le cul maintenant à Raül, c'était d'avoir le derrière de l'oreille bleu...
jeudi 8 mars 2007
Raül le compteur de bines
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2 commentaires:
Moi aussi j'ai hâte de compter des bines et de sortir des journées de la marmotte ! xxx
jas
Salut Genevieve, maudit que t toujours aussi drole toi! Je vois ca sortir tout droit de ta tete, pis j'ai tellement l'impression de te connaitre depuis tellement longtemps! En fait ca fait tres longtemps! Mais ya pas eu une semaine ou je n'ai pas pensé à toi depuis le tout début! (inquiétez vous pas Mr.l'amoureux, ce n'est que de l'amitié)J'ai deja hâte d'apprendre que son cul va guérir!
Et toi aussi par la même occasion!
Je t'embrasse fort Pat xxx
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